jeudi 18 décembre 2014
Assurer la croissance du PIB
Assurer la croissance du Produit intérieur brut (PIB) est devenu, en quelques décennies à peine, une
des fins majeures de l’action publique. Cet indicateur est cependant de plus en plus contesté. D’abord
pour son incapacité à prendre en compte les dégâts sociaux et environnementaux engendrés par
nos modèles de développement. Ensuite, et les deux questions sont intimement liées, parce que la
poursuite mécanique de sa croissance concourt désormais aux crises sociale et environnementale.
Le PIB n’est donc pas un indicateur pertinent pour mesurer notre bien-être actuel et futur.
Qu’est-ce que le PIB ? Cet indicateur cumule l’ensemble des richesses monétaires produites durant
l’année, qu’elles soient produites par des acteurs privés proposant leurs biens et services sur le marché
ou par des acteurs publics financés par l’impôt. Une définition qui rattache de facto les activités
développées par l’économie sociale et solidaire à l’une ou l’autre de ces catégories, selon leur mode
de financement. Le PIB a été élaboré aux États-Unis par l’économiste Simon Kuznets pendant la
Grande dépression afin de doter l’État fédéral d’un outil statistique permettant de suivre, de manière
agrégée, l’évolution de l’activité économique. Un réel progrès, en comparaison des indicateurs utilisés
antérieurement pour évaluer l’état de l’économie qui associaient suivi des cours de bourse et mesure
des flux de marchandises transportées.
Le PIB demeure un indicateur essentiel de l’activité économique parce qu’il associe les deux modes
majeurs de production de richesses qui coexistent dans la société : la production pour le marché – les
comptables nationaux font ainsi la somme des valeurs ajoutées dégagées par toutes les activités
marchandes – et la production de biens publics dans un cadre essentiellement non marchand.
Soulignons que la contribution de ces services publics est considérée, dans le cadre comptable, comme
égale aux coûts engendrés par leur production. Autrement dit, ces services contribuent à la richesse
collective pour ce qu’ils coûtent, une convention qui fait débat puisqu’elle conduit à les déprécier par
rapport aux services marchands qui incluent un profit.