jeudi 18 décembre 2014

L'hypersexualisation est en ordre de marche

Comment pourrons-nous préserver nos enfants de normes que nous contribuons à véhiculer ? Phénomène de société intégré par les adultes et illustré par les concours de Mini-Miss qui se développent fortement dans certaines régions ; marché potentiel d’enfants prescripteurs devenus « mini adultes », confusion des âges illustrée par le concept de « pré-adolescent », les facteurs de propagation sont massifs. Insidieusement, l’hypersexualisation s’appuie sur le retour des stéréotypes dès le plus jeune âge comme en témoigne la sexualisation des jouets ou le retour d’une presse pour fille centrée sur l’apparence. La logique de consommation dans une société individualiste aux structures familiales fragiles, le primat de l’image dans une société qui ne l’a pas intégré dans son éducation, la libération sexuelle dans une société qui n’a pas achevé la construction de l’égalité entre les sexes, conduisent à l’hypersexualisation des adultes comme des enfants. Les parents sont légitimement inquiets. L’hypersexualisation des enfants constitue un enjeu individuel. Ces enfants sont fragilisés dans leur construction identitaire. A l’extrême, l’intrusion précoce de la sexualité entraine des dégâts psychologiques irréversibles dans 80 % des cas. Plus généralement, l’hypersexualisation participe au développement de conduites à risque et notamment à l’anorexie mentale pré-pubère (37 % des jeunes filles de 11 ans sont à la diète). L’hypersexualisation est indissociable de la banalisation de la pornographie, comme principal mode d’éducation à la sexualité des jeunes garçons qui, outre le principe de la domination performante masculine, peut induire des comportements sexuels violents et légitime le harcèlement. L’hypersexualisation est également un enjeu collectif d’affaiblissement des principes de dignité de la personne humaine et d’égalité entre les sexes, un enjeu à double sens. L’hypersexualisation véhicule le stéréotype de la femme/fille passive, définie par son apparence et animée par la sexualité. La critique de l’hypersexualisation véhicule également des stéréotypes sexistes dans la diabolisation des adolescentes et la culpabilisation des mères. Force est de constater que l’hypersexualisation est systématiquement appréhendée au féminin sans que son miroir masculin ne soit interrogé. Ainsi, la critique des spa mèresfilles aurait-elle pu souligner honnêtement l’existence dans les mêmes locaux d’un spa pères-fils…. Au-delà de l’enjeu individuel de prévention des conduites à risque, le raz de marée attendu de l’hypersexualisation sera la régression de la cause féminine et de l’égalité entre les sexes.

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