vendredi 3 juillet 2015
Le discours anti-radicalisme
L’effort semble indispensable et fait d’ailleurs consensus. Reste qu’il a tout l’air d’une montagne difficilement franchissable.
Réunis dans les locaux parisiens de Google, ici associé à ses compères Facebook et Twitter, associations, acteurs gouvernementaux et observateurs du numérique et de la radicalisation ont tenté ce 27 mai d’esquisser une parade aux messages de haine. Un « contre-discours », pour reprendre le mot d’ordre officiel.
En clair, il s’agit de trouver la manière qui sera suffisamment percutante et imparable pour détrôner les contenus racistes, antisémites ou xénophobes sur Internet. Dans un contexte où la France met de plus en plus la pression aux acteurs du Net, sommés d’être plus rapides pour retirer des contenus litigieux et même tenus, depuis peu, à déréférencer ou à bloquer l’accès à certains contenus.
Le problème, répété maintes et maintes fois au cours de la matinée ouverte à la presse, c’est que l’affaire est extrêmement complexe. Et ne peut en rien être circonscrite en un tour de main.
Difficile, pour commencer, de mettre des mots sur ce qu’est la haine et ce qui y incite. Conviée à partager son expérience de directrice du Global Freedom of Expression, Agnes Callamard estime ainsi que de plus en plus d’Etats, notamment en Europe, ont aujourd’hui tendance à élargir cette définition, la rendant de plus en plus floue.
Ils la font aussi dépendre de l’actualité récente : ainsi en France, la radicalisation est aujourd’hui majoritairement associée aux mouvements djihadistes. C’est particulièrement visible depuis l’émergence de l’organisation de l’Etat islamique autoproclamé. Et la dynamique s’est encore renforcée après les attentats de Charlie Hebdo.
Sans surprise, cette dominante s’est également retrouvée dans les discussions du jour. Ce qui a ému un représentant de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) présent dans l’assistance, Malik Lounès :
« Tout se concentre sur le djihadisme ! Je bous depuis tout à l’heure, que fait-on des cathos intégristes, de l’extrême droite ? »
Mais si elle pose question d’un point de vue politique, la réduction de la problématique au djihadisme ne simplifie pas les choses pour autant.
Là encore, impossible de résumer l’attirance de milliers de personnes, souvent jeunes, pour une organisation telle que Daech par une liste finie de critères. Les ressorts sont nombreux : quête de sens, parcours personnel, romantisme de la lutte armée, révolte contre un système, adhésion à un système de croyances qui ne trouvent, par ailleurs, souvent aucune assise théologique véritable, a fait valoir Mohammed Chirani, membre du Radicalisation Awareness Network, qui prône un contre-discours basé sur l’explication des textes de l’islam.
lundi 8 juin 2015
Team building en cuisine
Je crains d'être un incorrigible romantique : je suis persuadé que le développement des équipes est un requis essentiel du succès. Et la DRH de mon entreprise, malgré certains défauts, a parfaitement assimilé l'importance de cette problématique. Je participe donc régulièrement à des team building avec mes camarades. Cela dit, et même si je n'irai pas jusqu'à remettre en cause leur bienfondé, je dois confesser que tous ne sont pas nécessairement profitables. Si la majorité d'entre eux offrent une pause bienvenue, ils ne marquent pas vraiment les esprits. Celui auquel j'ai participé le mois dernier, cependant, a marqué les esprits. Il a eu lieu sur une journée, et nous a conduits à essayer la cuisine moléculaire. Si le thème n'était pas vraiment original, ce qui m'a franchement lors de cette animation, c'est que le staff a veillé au respect du rythme d’évolution de l'équipe. Si ça ne semble pas grand-chose, à première vue, c'est assez rare pour être relevé : la plupart de ces prestations sont le plus souvent formatées. Alors que là, le coach a utilisé des histoires issues des comportements reconnus au sein de notre groupe. La forme était vraiment bien pensée. Comme je l'ai déjà dit, la plupart de ces événements sont plaisants à suivre, mais conduisent rarement à une transformation de l'équipe. Trois jours plus tard, on en a déjà oublié le fond pour ne se souvenir que de son côté ludique. Si vous êtes vous aussi familiarisé à ce type d'activité, vous avez probablement constaté la même tendance. Pendant cette activité, cependant, j’ai pu repérer une meilleure circulation de l'information et une meilleure compréhension entre les membres. Les ateliers de groupe ont mis en lumière les forces et les défaillances de notre équipe. Chaque membre a ainsi pu déterminer sa place au sein du groupe et partager son ressenti, ce qui nous a permis de parfaire notre manière de travailler. En instaurant un climat de confiance entre tous les participants, l'organisateur a pu conduire l’équipe à travailler dans des conditions plus saines et à travailler mieux. J’ai particulièrement aimé la bienveillance avec laquelle a été organisée l'expérience. Voici le lien vers le site de l'agence organisatrice. Si vous pensez planifier un team building (suivez le lien pour le contact), cela pourrait vous s'avérer utile.
La vérité sur les demandeurs d'asile
Le député Eric Ciotti vient de déposer un rapport choc sur les failles du système d'accueil des demandeurs d'asile en France. Tout est enfin évoqué sans fard : des dossiers de demande qui s’empilent à l'instigation de filières d'immigration, des factures hôtelières exponentielles, des centres d'accueil débordés. Plus grave encore, par un phénomène pervers très actuel qui donne davantage de droits à ceux qui devraient en être exclus, les déboutés du droit d'asile se maintiennent pour la plupart sur le territoire et bénéficient de l'hébergement au détriment de sans-domicile-fixe titulaires de la nationalité française. Les révélations contenues dans ce rapport sont riches d'enseignements pour un pays qui n'a même plus les moyens d'entretenir décemment ses nationaux en difficulté.
Si l'on suivait les beaux esprits, bien logés, tels qu'on les entend, par exemple en permanence sur la chaîne de service public Arte rien moins que pluraliste, la France, pourtant déjà fort accueillante, devrait accueillir sans sourciller tous les demandeurs qui le demandent.
Au nom de quoi, pourtant, la France renoncerait-elle à son droit sacré et souverain de propriétaire terrien d'accueillir qui elle veut ?
Seconde question toute aussi défendue : la plupart des demandeurs qui s'invitent sans être conviés viennent de l’Orient en guerre. La France est-elle responsable des convulsions de l'islam et des dérives de l'islamisme conquérant ?
Dernière question qui en découle : on demande à l'Europe déjà envahie par les clandestins de nouveaux efforts. Pourquoi les malheureux chassés par la guerre ne pensent-ils pas à frapper à la porte des émirats, plus spacieux, plus proches, plus riches, et qui partagent avec eux la même culture religieuse et linguistique?
Parce qu’ils savent qu'ils n'ont aucune chance de pouvoir compter sur la faiblesse de leurs dirigeants et la démagogie de leurs médias ?
Le problème de la gauche
La gauche française a l’art de transformer les drames en psychodrames. Un homme jeune est mort alors qu’il participait à une manifestation qui a dégénéré. C’est un drame authentique, ni plus ni moins tragique que la mort d’un jeune dans un accident de la route.
Nul n’a osé prétendre que les gendarmes, qui faisaient face à un déferlement de violence haineuse, ont attenté volontairement à la vie de la malheureuse victime d’un accident rarissime. L’heure était donc à la pudique compassion.
C’était compter sans le talent psychodramatique de la gauche gauchisante. À commencer par les Verts qui ont su donner toute la mesure de leur impudique démesure. On n’avait pas entendu, depuis la mort de Clément Méric au cours d’une rixe entre fascistes rouges et noirs, un tel florilège de sottises. Ne boudons pas notre masochiste plaisir : « Une tache indélébile sur l’action du gouvernement » (Duflot) ; « On ne construit pas un barrage sur un cadavre » (Noël Mamère). Et sans doute la plus belle réplique théâtrale : « une victime du fascisme d’État » (Éric Pététin, écologiste).
La droite française s’est honorée à condamner les Black Blocs en keffieh et les démagogues verts plutôt que d’accabler le gouvernement Valls. Il n’en reste pas moins qu’en politique, comme en économie, on paie toujours la facture de ses inconséquences. N’était-ce pas Mme Duflot qui était ministre de M. Hollande ? Et les Verts ne sont-ils pas électoralement liés aux socialistes et aux communistes ? On a les alliés qu’on mérite.
lundi 27 avril 2015
Un Dogfight entre amis
Cette année, j'ai reçu mon cadeau de Noël avec un peu d'avance. Mais quel cadeau ! Un combat aérien. Pas une simulation. Dans un authentique appareil. Où j'étais aux commandes !
L'animation a pris place à Saint Estèphe (dans le Médoc, caouèc !). J'y suis allé avec un ami et c'est ainsi que nous avons atteint le petit aéroclub vers neuf heures et demi : un immense terrain gazonné qui allait nous servir de piste d'envol. Nous avons été accueillis par un véritable pilote de chasse : "Gégé", qui a presque cinq mille heures de vol à son actif. Nous avons partagé un petit déjeuner ensemble, puis avons enfilé nos combinaisons de vol. Avec nos allures de Top Gun, nous nous sommes ensuite installés dans le grand canapé et Gégé nous a expliqué le principe du duel aérien. Mon ami et moi suivions attentivement : nous allions passer au sérieux juste après !
Avant de nous lancer, nous avons dégusté une bonne plancha en discutant d'aviation. Le second pilote nous a rejoints, puis nous sommes montés à bord de nos avions respectifs : nous à l'avant, et nos instructeurs à l'arrière. En avant la musique !
Bon, au début, je ne me sens pas trop en confiance : je n'ai encore jamais réalisé un vol sur un appareil aussi petit. Et croyez-moi, ça remue ! La moindre rafale bouscule l'appareil.
Mais on s'y fait rapidement, d'autant que c'est sublime à vivre ! Ca paraît bête à dire, mais les sensations sont bien plus grandes que celles qu'on peut éprouver sur un appareil de ligne. En fait, voler sur un Airbus n'est pas vraiment voler, c'est juste passer d'un point A et un point B. Rien de tel, ici. Les sensations sont au rendez-vous. La verrière de l'habitacle permet de voir partout à la fois : et il vaut mieux, puisqu'on va passer une partie de son temps à chercher son ennemi ! Nous débutons par une évolution en patrouille serrée pour nous habituer au pilotage. Mon ami dans l'autre avion me fait un signe que « rigoureusement ma mère m'a défendu de nommer ici ». Si je le vois si bien, c'est que nous sommes à quelques mètres l'un de l'autre !
Let's go : l'attaque débute ! Je saisis le manche de l'appareil et essaie de mettre mon rival dans le viseur. Pas arrangeant, celui-ci file continuellement. Mais après quelques minutes de tentatives, je réussis finalement : je shoote l'appareil ennemi et constate qu'une traînée de fumée s'en échappe. Cible atteinte ! Parce que oui, ils ont recrée la simulation à ce niveau de détail : les tirs lasers dégagent des fumigènes. Extraordinaire.
J'entame une petite danse de la victoire sur mon siège. Pourtant, le moment est mal choisi pour se relâcher. Car c'est l'heure de renverser les rôles. A moi de devenir le fuyard !
Quel pied, les amis. Au final, deux vols de près de 50 minutes, durant lesquels nos instructeurs nous ont offert un peu plus de liberté à chaque minute. Vers la fin, nous étions seuls en plein ciel, mano a mano. Un dogfight inoubliable ! Si vous souhaitez en savoir plus, je vous laisse le lien vers l’organisateur de cette expérience de pilote de chasse.
Une affiche qui pose le problème de la laïcité fasciste
Article mis à jour lundi 6 avril à 19h: le président de la RATP, Pierre Mongin, a annoncé à l'AFP que les prochaines affiches du concert apposées dans le métro porteraient la mention «au bénéfice des chrétiens d'Orient».
La France est malade de sa laïcité. L’autre jour, c’est un élu socialiste qui décrochait un crucifix au conseil général du Haut-Rhin. Peu après, dans un bureau de vote de Toulouse, un rabbin était sommé de retirer sa kippa au moment d’accomplir son devoir électoral. Aujourd’hui, ce sont quelques obscurs censeurs de la RATP qui décident, de leur propre chef, de biffer la mention «au profit des chrétiens d’Orient» sur 250 affiches du métro annonçant un concert du goupe Les Prêtres, animé par Mgr Jean-Michel Di Falco. Motif: le respect du «principe de neutralité religieuse»!
Ainsi les «chrétiens d’Orient», sujets depuis des mois d’un mouvement de sympathie mondiale, sont-ils censurés en France. Une population qui est contrainte à l’exode depuis des décennies, au Liban, en Palestine, en Syrie, réduite à 300.000 personnes après les deux guerres d’Irak, et qui, aujourd’hui encore, est humiliée, maltraitée, discriminée, réduite à la servitude, chassée de ses villages, de ses terres ancestrales, de ses maisons par les milices djihadistes de l’Etat islamique.
Piliers de l’histoire orientale, les chrétiens d’Orient sont persécutés pour la seule raison qu’ils sont «chrétiens», sommés de se convertir, victimes d’une haine religieuse systématique, d’un «génocide culturel» que plus personne ne conteste. Jusqu’à l’ONU où, ces derniers jours, à l’initiative de la diplomatie fraçaise, a eu lieu un débat conclu par une condamnation des exactions de Daesh contre cette minorité chrétienne d’Irak. C’est aussi en leur faveur que le pape François s’est prononcé, le matin de Pâques, dans son message de paix universel.
Et pendant ce temps, au nom d’une soi-disante «neutralité» et du principe laïque de séparation de la religion et du service public, la RATP décide de censurer une simple mention «chrétiens d’Orient» apposée sur une affiche. Comme si la laïcité était la négation du fait religieux. Comme si le mot de «chrétiens» brûlait encore les lèvres de certains. Comme si les chrétiens d’Orient étaient les «acteurs» d’un conflit armé au Proche-Orient, alors qu’ils en sont les victimes!
Dans aucun autre pays voisin de la France, on se pince ainsi le nez à l’évocation d’une confession religieuse. L’histoire de la France est traversée par des haines recuites entre cléricaux et libre-penseurs, par des flots de littérature et des combats religieux dont la vigueur polémique ressurgit parfois aujourd’hui. S’il y a une fracture spécifique à la France, c’est bien celle qui distingue le camp de la Révolution –identifié aux droits de l’homme, au progrès, à la laïcité– et le camp de la Restauration, du cléricalisme, de la résistance aux libertés et à la modernité. Cette sempiternelle «guerre des deux France», dont parlait l’historien Emile Poulat, avait trouvé son apogée avec la loi de séparation Eglises-Etat de 1905, dont Jaurès et Briand avaient voulu faire une loi d’apaisement. La loi de séparation n’est pas une loi de négation de la religion.
Ce n’est donc pas simplement une «bévue» que vient de commettre la RATP, comme vient de le dire, avec beaucoup d’indulgence, l’archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois. Cet épisode de l’affiche censurée est hérité d’un «laïcisme» dépassé, étroit, dogmatique qui resurgit à la faveur d’une remontée des intégrismes. Mais cette incapacité à distinguer entre les «acteurs» d’une violence religieuse insupportable et ses «victimes» représentants de minorités non-violentes, engagées sur le terrain contre leur gré, en dit long sur l’ignorance de ces censeurs de la RATP qui ne voient, par ailleurs, aucun mal à autoriser des affichages grossièrement sexistes ou dégradants. Ce sont les mêmes qui, il y a deux ans, avaient refusé une campagne d’affiches contre l’islamophobie, arguant de son caractère religieux, mais qui avaient autorisé des campagnes en faveur de sites incitant à la commercialisation de relations extra-conjugales!
Pour des politiques responsables.
Le discours consistant à constater (ou à dénoncer) l'affaiblissement de nos dirigeants en raison des contraintes extérieures encourage le populisme. Car il existe des marges de manoeuvre, à condition de vraiment réformer.
Cela se chante en rengaine: la politique ne peut plus rien. Les enjeux sont devenus mondiaux, ils dépassent l'espace des Etats, les multinationales sont si imposantes et si riches qu'elles dictent leur volonté aux pouvoirs législatifs, la finance vit au-dessus des nations et échappe à leur contrôle et, pour en finir une bonne fois pour toutes avec les dernières velléités volontaristes, les Etats sont endettés jusqu'à la gorge, ils n'ont d'autre choix que de couper dans leurs dépenses.
L'«autre politique» ne fonctionne pas
Le populisme vient en refrain de cette chanson: il est temps que les gouvernants réaffirment leur puissance et c'est facile, il suffit pour cela de voir que toutes les camisoles sont «extérieures» (Wall Street, Bruxelles, l'immigration) pour décider de fermer les portes, de renvoyer ces monstres chez eux et de remettre une main ferme sur la caisse publique.
Il y a deux façons de leur répondre.
La première est celle à laquelle s'emploient en France Nicolas Sarkozy ou le Medef contre le Front national. Expliquer que les «solutions» populistes n'en sont pas, qu'elles sont des mirages. Les «contraintes extérieures» sont en réalité plus fortes qu'ils ne le pensent: les pays sont étroitement insérés dans l'économie mondiale et ils ne pourraient, éventuellement, s'en défaire qu'à un coût démesuré.
Le gouvernement d'Athènes en fait la cruelle démonstration in vivo: l'«autre politique» ne fonctionne pas. Mais elle ne marche pas non à cause d'un «manque de courage» des gouvernants, non parce que les Etats européens seraient devenus les «valets de la finance» dont le but serait s'asservir la Grèce rebelle, mais parce que l'autre politique est une illusion. Le gouvernement Syriza n'arrive tout simplement pas à formuler une alternative réaliste. Le gouvernement d'Aléxis Tsípras fait, contre son gré, un magnifique travail pédagogique de démolition des fantasmes populistes. Il faudrait, sans rire, que les Européens le remercient économiquement de ce beau cadeau politique.
La réponse doit venir de l'intérieur
L'autre réponse est à l'opposé: montrer que les «monstres extérieurs» ne sont que pour peu dans les malheurs nationaux qui plongent leurs racines à l'intérieur. Mais cette «réponse intérieure», les gouvernements manquent d'audace et d'inventivité pour la donner.
La France est typique de réformes en demi-mesure ou plutôt en quart de mesure, insuffisantes tant sur la forme que sur le fond. Cette «impuissance», celle-ci réelle, partagée par la droite comme la gauche, elle s'est vue sur les retraites, qui ont fait l'objet d'une succession de réformes toujours trop courtes. L'inconvénient du «jamais fini» est de créer une ignorance du «coup suivant» et de planter un climat d'incertitude néfaste pour les ménages quant à leur consommation et à leur épargne. Le cas est général, les hausses d'impôt mitraillées par Sarkozy-Fillon avant Hollande-Ayrault ont le même effet: installer une méfiance fiscale des ménages comme des entreprises, méfiance qui est aujourd'hui à l'origine du manque d'oxygène de la reprise.
On fait les réformes par petits bouts par manque de courage. On les fait mal aussi par manque d'idées. Les gouvernements ont comme intégré le fait que les finances étant asséchées, que les syndicats étant de toute façon contre, on ne peut rien faire que des pseudo-réformes, embellies par de la «com».
Même si les caisses sont vides et même si les syndicats français font en effet la triste démonstration qu'ils sont incapables, hormis la CFDT, d'accompagner le réformisme social-démocrate voulu par François Hollande, un gouvernement n'en est pas réduit à des expédients pour autant.
L'urgence devrait le forcer à l'inventivité. A propos de l'immigration, par exemple. Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont montré par le sang l'échec de la France pour insérer les jeunes de la deuxième génération de l'immigration. Une excellente étude de France Stratégie (la résurgence du Plan) nous apprend l'ampleur du désastre et donne des pistes.
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