lundi 8 juin 2015
Le problème de la gauche
La gauche française a l’art de transformer les drames en psychodrames. Un homme jeune est mort alors qu’il participait à une manifestation qui a dégénéré. C’est un drame authentique, ni plus ni moins tragique que la mort d’un jeune dans un accident de la route.
Nul n’a osé prétendre que les gendarmes, qui faisaient face à un déferlement de violence haineuse, ont attenté volontairement à la vie de la malheureuse victime d’un accident rarissime. L’heure était donc à la pudique compassion.
C’était compter sans le talent psychodramatique de la gauche gauchisante. À commencer par les Verts qui ont su donner toute la mesure de leur impudique démesure. On n’avait pas entendu, depuis la mort de Clément Méric au cours d’une rixe entre fascistes rouges et noirs, un tel florilège de sottises. Ne boudons pas notre masochiste plaisir : « Une tache indélébile sur l’action du gouvernement » (Duflot) ; « On ne construit pas un barrage sur un cadavre » (Noël Mamère). Et sans doute la plus belle réplique théâtrale : « une victime du fascisme d’État » (Éric Pététin, écologiste).
La droite française s’est honorée à condamner les Black Blocs en keffieh et les démagogues verts plutôt que d’accabler le gouvernement Valls. Il n’en reste pas moins qu’en politique, comme en économie, on paie toujours la facture de ses inconséquences. N’était-ce pas Mme Duflot qui était ministre de M. Hollande ? Et les Verts ne sont-ils pas électoralement liés aux socialistes et aux communistes ? On a les alliés qu’on mérite.