vendredi 14 juillet 2017
Une visite de Tikal
Un séminaire m'a récemment fait découvrir le Guatemala. Enfin, « découvrir » est peut-être un bien grand mot. Si vous êtes comme moi un habitué des séminaires, vous savez qu'on ne voit généralement de la destination que des salles de réunion, les murs de la chambre d'hôtel, et la salle d'attente de l'aéroport. C'est en tout cas ce à quoi se résument mes découvertes lors de mes séminaires à l'étranger. Ce séminaire au Guatemala s'est cependant avéré un peu différent, puisque j'ai pu bénéficier d'un moment de liberté. A cette occasion plutôt rare, j'ai ainsi pu visiter Tikal, près de Flores. Mieux encore, j'ai pu la découvrir une première fois depuis les airs, lors d'un vol en hélicoptère organisé au dernier moment, avant de l'arpenter à pied pour en explorer les rues. Tikal n'est pas une ville comme les autres, si vous n'en avez jamais entendu parler : il s'agit en fait d'un imposant centre cérémoniel maya.
Imposant est un bien petit mot pour décrire ce qu'on ressent les premiers instants. En arrivant depuis les airs, on découvre soudain les sommets des pyramides qui émergent de la dense canopée de la forêt tropicale. Elles laissent immédiatement imaginer ce que la grande cité de Tikal a dû être autrefois. Le site était un centre urbain très important pour les Mayas qui, grâce à leur art, leur architecture et leur écriture, leurs calendriers et leurs systèmes astronomiques, créèrent l’une des cultures les plus sophistiquées de l’Amérique précolombienne. Cette culture se répandit sur un vaste territoire qui recouvrirait aujourd’hui une partie du Mexique, le Guatemala et Belize, et atteignit son apogée durant la période dite classique (vers 250-900).
Tikal, centre religieux où les habitations étaient réparties en périphérie de la ville, jouait un rôle politique important et contrôlait probablement la région environnante. Son influence religieuse fut établie entre 300 av. J.-C. et 100 apr. J.C. époque où furent construits divers temples et pyramides. Entre 600 et 800, durant son âge d'or, Tikal incarna les grandes réussites de la période classique maya. Elle devint le centre le plus important des basses terres humides, bénéficiant d'une classe supérieure aisée et d’une vie artistique florissante, et arborant des ensembles architecturaux soigneusement agencés dont on peut admirer aujourd'hui les vestiges: places majestueuses jouxtant de superbes palais, temples et pyramides gigantesques, le tout relié par des rampes et des chaussées. On peut ainsi y découvrir cinq immenses pyramides, certaines surmontées de temple (par exemple le temple du Jaguar qui coiffe la pyramide I). La pyramide IV, la plus haute de toutes (65 m), était l’un des édifices les plus élevés des civilisations anciennes. Les vestiges de Tikal comprennent aussi des tombes, des stèles gravées, des réservoirs d‘eau et peut-être un marché. La ville déclina après 800 et disparut au Xe siècle.
Cette visite compense à elle seule toutes les visites que je n'ai pas faites lors des précédents séminaires. Je n'imagine pas qu'il puisse y avoir un site plus extraordinaire et fascinant à visiter qu'un site maya, dont la culture est décidément très éloignée de la nôtre. Le vol en hélicoptère n'était pas mal non plus, soit dit en passant, et je recommencerais bien un jour ou l'autre, si j'en ai l'occasion. Regarder la terre depuis le cockpit d'un tel appareil n'a vraiment rien de comparable avec la vue qu'on peut avoir d'un hublot de Boeing. Suivez le lien pour en savoir plus sur ce vol en hélicoptère.
mercredi 21 juin 2017
L’anacrim
Zoom sur ce petit bijou de technologie, qui a conduit les gendarmes à entendre et placer en garde à vue cinq membres de la famille Villemin. Sans lui, l'affaire Grégory n'aurait peut-être pas connu ce spectaculaire rebondissement. Les interpellations menées mercredi par les gendarmes dans ce dossier tentaculaire (plus de 12 000 pièces, des centaines de témoins), sont le fruit d'un immense travail d'analyse de tous les éléments collectés, mené à l'aide du logiciel dit Anacrim. INTERVIEW >> Affaire Grégory: "On sait que tout s'est joué dans l'univers familial" Un logiciel-fichier utilisé officieusement par la gendarmerie pendant des années, jusqu'à ce qu'il soit régularisé par une loi en décembre 2005, et qui accompagne désormais le Service central du renseignement criminel (SCRC, en charge des cold case) et toutes les sections de recherche. Il permet d'aider l'analyste criminel à trier des masses gigantesques de données que le cerveau humain, seul, mettrait des années à traiter. "Ce logiciel permet de déterminer toutes les hypothèses de travail et de préparer des stratégies d'audition de témoins. Il permet d'exploiter toutes les pistes et de les prioriser", explique au Parisien le colonel Didier Berger, chef du Bureau des affaires criminelles (BAC) de la gendarmerie. Pièce à pièce, chaque procès-verbal établi dans un dossier est relu et décortiqué minutieusement. Il peut s'agir d'éléments constatés sur le terrain, de détails figurant dans une audition -lieux, dates, etc.-, de données ou d'écoutes téléphoniques, de filatures... Autant de matière qui, mise bout à bout dans une sorte de tableau croisé ultra-sophistiqué, peut permettre aux enquêteurs de relever des incohérences, des contradictions entre témoins, susceptibles de faire avancer l'enquête, voire de tirer un nouveau fil. "On constitue une base de données avec tout ce que tout le monde dit et fait", expliquait il y a quelques semaines un ancien analyste criminel à L'Alsace. "Ce volume global est transposé sur un gros schéma sur lequel on zoome en fonction de ses recherches." AnaCrim permet ensuite de tester des hypothèses. "L'ordinateur ne réfléchit pas par lui-même, il ne se pose pas de questions. Je pose des questions à la machine qui va chercher dans le dossier", explique un adjudant-chef au quotidien régional. Un gendarme qui a travaillé sur un attentat indépendantiste en Corse raconte pour sa part comment ce logiciel lui a permis de trouver la clé de l'énigme, grâce à l'analyse de fadettes: "J'avais remarqué un numéro de téléphone appelé deux fois et entre, une trentaine d'appels de dix secondes. C'était une chaîne d'alertes, un code. La tête de réseau indépendantiste bipait des gens pour une réunion clandestine." Anacrim est aujourd'hui utilisé par tous les grands services d'enquête européens, comme Europol.
mercredi 31 mai 2017
Parfum secret
Avant-hier, j'ai effectué une expérience assez originale : j'ai conçu mon propre parfum dans le cadre d'un atelier de parfum à Paris. Une activité que je n'aurais jamais imaginé faire un jour, mais qui m'a été offerte le mois dernier par une amie qui travaille dans une parfumerie. Et si j'y suis allé en traînant la patte, en marmonnant que c'était là une activité pour gonzesse, j'ai vite changé d'avis une fois sur place : non seulement c'est autant pour hommes que pour femmes, mais aussi et surtout une expérience passionnante ! Lorsqu'on entre dans l'atelier, on a un peu le sentiment d'entrer dans un petit labo scientifique : tout y est impeccablement rangé et a un côté un peu clinique. On est loin de l'image de l'atelier d'artisan qu'on peut en avoir. Chaque participant est installé face à une étagère de 3 niveaux où sont posés 127 flacons d'essences de toute sorte. Chacun a également à disposition deux verres gradués, des languettes, des seringues et du papier afin de prendre des notes. La démarche adoptée pour réaliser un parfum est très scientifique : chaque ajout doit être noté sur une feuille afin de garder le souvenir de la formule. Et on utilise pour ce faire le concept de la pyramide olfactive, qui se divise en trois notes. D’abord la note de fond, la plus puissante, et qui est la base du parfum : elle est formée à partir d'essences tenaces et elle dure longtemps (de 8 h à quelques jours). Ensuite la note de cœur, qui constitue l'identité du parfum : elle dure entre 2 et 10 heures. Et à la toute fin la note de tête, celle que l’on sent tout de suite dans le parfum, mais qui est la plus éphémère, puisqu'elle disparaît à peine 2 heures après vaporisation. Si l’on choisit la direction qu'on souhaite donner à sa création, on est secondé dans le processus par un professionnel, qui nous aiguille dans nos choix. Le plus difficile, c'est tout de même de ne pas trop rationaliser. Il faut se laisser porter par son nez, qu'on a souvent tendance à négliger. Pour y arriver, il faut donc être capable de mettre son cerveau en mode veille et de se focaliser sur les odeurs et sur rien d'autres, sans a priori ni préjugés. Ce stage de création de parfum est au final une superbe occasion de découvrir une dimension qu'on méconnaît trop souvent, et qui pourtant nous influence chaque jour à notre insu !
mardi 16 mai 2017
6000 migrants sauvés en Méditerranée
Environ 6 000 migrants qui tentaient d'atteindre l'Europe ont été sauvés en Méditerranée vendredi et samedi par les garde-côtes italiens. Environ 6 000 migrants ont été secourus vendredi 5 et samedi 6 mai en Méditerranée au cours d'une quarantaine d'opérations coordonnées depuis Rome par les gardes-côtes italiens. Parmi eux, environ 3 000 ont été récupérés samedi par des navires des gardes-côtes, de la marine nationale, de l'agence européenne Frontex ainsi que de plusieurs ONG, indiquent les gardes-côtes dans un communiqué. Une partie de ces migrants a déjà été débarquée en Italie tandis que d'autres sont en route, dont 730 personnes se trouvant à bord de l'Aquarius, le navire de Médecins sans Frontières attendu ce dimanche à Reggio de Calabre (sud). Vendredi, une vingtaine d'opérations de secours avaient permis de sauver 3 000 autres personnes se trouvant sur des canots pneumatiques et des embarcations de fortune en provenance de Libye et se dirigeant vers l'Italie. Les gardes-côtes libyens ont par ailleurs sauvé samedi près de 170 migrants, dont l'embarcation était à la dérive en Méditerranée, au large de Tripoli, mais ils ont échoué à en sauver d'autres, "faute de moyens", ont-ils annoncé à l'AFP. La même journée, un total de 371 migrants tentant de rejoindre l'Europe avaient été sauvés par des pêcheurs au large de la ville de Zouara (ouest), selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). L'Italie et la Libye ont décidé d'accentuer ces derniers mois leur collaboration en matière de lutte contre l'immigration clandestine. Le but du gouvernement italien, exprimé dans un accord signé en février avec la Libye, est d'apporter un soutien humain et technique aux gardes-côtes libyens. Conformément à cet accord, l'Italie a annoncé cette semaine avoir livré le 21 avril deux vedettes à la Libye, l'objectif étant d'en livrer huit autres d'ici à la fin juin. Quelque 37 000 migrants sont arrivé de Libye en Italie depuis le début de l'année, un chiffre en hausse de près de 30 %, par rapport à la même période l'an passé, selon le ministère italien de l'Intérieur. L'an passé, 181 000 migrants, un record, étaient parvenus en Europe via les côtes italiennes, dont 90 % en provenance de Libye.
mercredi 12 avril 2017
Pourquoi la nouvelle Insignia restera la meilleure des Opel
Aussi sûrement que le printemps succède à l’hiver, l’Opel Insignia finira par faire pot commun avec la Peugeot 508. Mais ce jour n’arrivera pas avant six ou sept ans, le temps pour l’Insignia Grand Sport de mener à son terme une carrière qu’elle entame ces jours-ci. Cette rivale de la Renault Talisman n’est que la seconde de sept nouvelles Opel attendues cette année (après le petit SUV Crossland X examiné ici pour vous). Un record pour le constructeur allemand. Pour l’heure donc, la plus grande des berlines frappées de l’Éclair fait encore appel à la plate-forme dite Epsilon 2, conçue par des ingénieurs de chez Opel et General Motors qui n’ont pas attendu l’irruption du Groupe PSA pour reconnaître les mérites d’une bonne cure d’amaigrissement. Il était temps. Du Meriva au Zafira Tourer en effet, en passant par le Mokka X et l’ancienne Astra, toutes les Opel de la génération sortante comptent parmi les voitures les plus lourdes et les plus encombrantes de leur catégorie. Sans qu’elles soient pour autant les plus logeables. L’Opel Insignia et sa jumelle britannique, la Vauxhall Insignia ne font pas exception à la règle, mais ce laisser-aller coupable ne les a pas empêchées d’être élues Voiture de l’Année 2009 ni même de tenir tête à la Volkswagen Passat. Au final, il s’en est vendu plus de 940.000 exemplaires, un score que les Peugeot 508 et Citroën C5 sont loin de pouvoir égaler. Il faut croire que certains automobilistes ne peuvent se résoudre à acheter français. Une fatalité que le Groupe PSA espère contourner en intégrant les marques Opel et Vauxhall : elles viendront renforcer ses positions partout où la réputation de solidité allemande l’emporte sur le charme français. A commencer par le Royaume-Uni et l’Allemagne, pays les plus friands en grandes berlines et grands breaks familiaux. La nationalité d’une marque ne fait pas tout cependant, et l’Opel Insignia n’aurait pu jouir d’une telle longévité si ses designers n’avaient été aussi inspirés au moment de dessiner sa robe. Ou si le succès lui était monté à la tête au point d’oser aligner ses prix sur ceux de la Volkswagen Passat. Car l’Insignia n’oublie pas qu’après le style, le prix demeure le critère d’achat le plus important. Prise en tenailles entre les marques premium qui cassent les prix et la popularité croissante des SUV, la grande Opel demeure fidèle à son positionnement populaire. « Opel ne prétend pas s’élever au rang de BMW ou d’Audi« , précise Karl-Thomas Neumann, Président Directeur général d’Opel. « Toutefois avec la nouvelle Insignia Grand Sport, nous offrons les attributs d’une berline premium pour une fraction de son prix. C’est le seul moyen de donner à nos clients avides de nouvelles technologies, de confort et d’élégance de bonnes raisons de nous rester fidèles.« Opel France n’a pas encore arrêté la grille des tarifs mais on nous assure que l’Insignia Grand Sport saura se montrer moins prétentieuse que la Volkswagen Passat, tout en proposant une somme d’équipements électroniques digne de la catégorie supérieure. « En cochant toutes les options, l’Opel Insignia Grand Sport sera moins chère de 32 % à 42 % que ses concurrentes allemandes premium« , promet Thomas Benkner, en charge du positionnement prix. En autres équipements de pointe, le conducteur bénéficie d’un affichage tête-haute en couleurs dont les commandes de réglage très accessibles sont reprises de la prestigieuse Chevrolet Corvette. Voilà sans doute l’un des ultimes témoignages visibles de 88 années de tutelle par General Motors. Cette option devrait être facturée environ 900 euros, à l’instar des caméras logées dans les boucliers et sous les rétroviseurs qui composent une vision à 360° des parages immédiats de la voiture. Nos modèles d’essai étaient dotés d’un émetteur WiFi à haut débit 4G, ainsi que d’une instrumentation presque entièrement numérique (900 euros, au sein d’un pack à définir). A l’instar de tant d’autres (Seat Leon, Hyundai i30 pour citer les plus modestes), l’Opel se dote d’un système de charge par induction des téléphones. Contrairement à ceux du Groupe Volkswagen, il n’amplifie pas les signaux. Au rayon des aides à la conduite, on notera la présence d’une aide au maintien en file et d’un freinage d’urgence automatique qui viennent compléter la reconnaissance des panneaux de limitation de vitesse que l’Opel Insignia avait été l’une des premières à populariser. Déjà vu sur l’Opel Astra, le système d’éclairage à diodes matricielles IntelliLux LED permet de conserver les pleins phares sans éblouir quiconque. Un système très efficace facturé 1.350 euros, moins cher que chez Audi. Les allergiques au foisonnement de boutons apprécieront le vaste écran tactile de 8 pouces sur la console centrale. Les autres regretteront que Opel n’ait pas eu le bon sens de conserver quelques touches physiques comme autant de raccourcis vers les fonctions de base les plus employées, hormis celle du climatiseur. Agaçant. En contrepartie, l’équipe de designers menée par Niels Loeb ont modelé la baguette qui court sur toute la largeur de la planche de bord de sorte à pouvoir y appuyer la main. « Parce qu’il n’est pas toujours aisé de viser juste sur écran tactile, sur une route cahoteuse. » Appréciable. Autre motif d’agacement, le rappel de la vitesse en gros chiffres disparaît du combiné central comme de l’affichage tête-haute chaque fois que le navigateur annonce un changement de direction. Il faut alors chercher du regard un quart d’aiguille rouge sur une graduation virtuelle qu’on avait choisi d’ignorer. Le remède consiste à sélectionner l’affichage « Touring » plutôt que « Sport » : un gros tachymètre à chiffres blancs s’affiche à demeure sous les yeux du conducteur. Si vous trouviez votre garage un peu juste pour l’imposante Volkswagen Passat, sachez que l’Opel Insignia Grand Sport mérite le qualificatif : grande, elle est ! Longue de près de 4,90 mètres de long, la nouvelle Opel mesure 13 centimètres de plus que la Passat et 5,5 cm de plus que sa devancière déjà pas réputée pour son format compact. Ce gabarit impressionnant s’oublie vite heureusement une fois quittée la ville. Au premier virage serré, on détecte une agilité qu’on ne connaissait pas à l’ancienne Opel Insignia, plus lourde en moyenne de 175 à 200 kilogrammes. C’est comme si vous voyagiez jusque-là avec deux joueurs de rugby installés à demeure sur la banquette. Au volant, la différence se ressent. D’autant mieux que cette réduction de la masse va de pair avec une meilleure répartition de la charge statique entre les essieux. Résultat, l’Opel Insignia Grand Sport a moins tendance à élargir du nez la trajectoire et réagit plus sainement au lever de pied en virage. Très neutre dans son comportement, la grande Opel n’égale pas la Peugeot 508 ou la Ford Mondeo en termes d’agilité mais semble un peu plus affûtée que la Skoda Superb. Sa direction se fait plus vive que par le passé, même si elle est loin de se montrer aussi directe que celle de l’Alfa Romeo Giulia. On profite d’un meilleur ressenti de la route malgré un flou persistant autour du point milieu sur autoroute. Aux dires de nos confrères qui l’ont essayée plus longuement que nous, la version à quatre roues motrices amplifie l’impression d’agilité de l’Opel Insignia Grand Sport. « Le couple moteur est envoyé à une paire d’embrayages multidisques qui tiennent lieu de différentiel. L’électronique module instantanément la répartition, de sorte à pouvoir accélérer ou freiner une roue indépendamment de l’autre« , explique Andreas Holl qui a supervisé la mise-au-point de ce système de vectorisation du couple fourni par GKN. Sur la Ford Focus RS, une variante plus permissive de ce système envoie jusqu’à 3 % d’accélération en plus sur le train arrière ; sur l’Opel, il se contente de 0,4 %. « Cela suffit à donner quelques degrés de lacet et à autoriser une dérive de l’arrière sur la neige« , assure A. Holl. Son regard pétillant est comme une invitation à rêver d’un mode « drift » sur une hypothétique version OPC de l’Opel Insignia Grand Sport. En option à près de 1.000 euros, le système d’amortissement piloté permet d’alterner entre un mode « Sport » qui transmet trop de trépidations à un mode « Touring » qui pompe presque aussi exagérément que le réglage le plus souple de la Renault Talisman. Mieux vaut laisser faire le microprocesseur. On retrouve alors le compromis heureux dont se satisfait l’Opel Insignia Grand Sport à amortissement passif traditionnel : les pavés sont abordés sans la sécheresse des productions du Groupe Volkswagen et la caisse semble moins rouler en virage que celle de la Talisman. Le conducteur est assis 30 mm plus bas que par le passé, une manière de marquer la différence de l’Insignia Grand Sport par rapport aux SUV Grandland X et au Mokka X. Nous avons pu goûter à l’amplitude de réglage en hauteur des excellents sièges conçus avec les médecins spécialistes du dos. A l’arrière aussi, les passagers sont installés plus bas. De quoi augmenter la garde-au-toit (+ 8 mm) malgré l’abaissement du pavillon de 29 mm souhaité par les designers pour donner à l’Insignia cette allure de faux coupé à 4 portes qu’affecte la toute récente Volkswagen Arteon. Hormis ceux qui mesurent plus d’1,90 m, les passagers disposent enfin d’un espace en rapport avec le gabarit de cette carrosserie. L’empattement s’est allongé de 92 mm d’une génération à l’autre, de sorte que l’Opel Insignia Grand Sport prétend égaler l’aisance aux genoux (+ 25 mm) d’une Skoda Superb longue de 4,86 mètres. La silhouette allongée l’Opel Insignia Grand Sport cache un hayon qui livre accès à un coffre de contenance un peu faible au regard de la concurrence : 490 litres, contre 541 litres pour la Ford Mondeo, 586 litres pour la Volkswagen Passat, 608 litres pour la Renault Talisman et 625 litres pour la Skoda Superb. On comprend que les gens d’Opel préfèrent souligner le fait que le break Insignia Sports Tourer (+ 1.300 euros) accepte 130 litres de mieux que son prédécesseur, soit l’équivalent d’une grosse valise (560 litres). Pour ce premier contact, Opel nous a donné à essayer le tout nouveau moteur 4-cylindres essence 1.5 Direct Injection Turbo dans sa variante de 160 chevaux. Dérivé du 1.4 Turbo de l’Astra, ce bloc distille une notre agréable sous accélération, avant de se faire totalement oublier. L’insonorisation est moins probante sur le 4-cylindres Diesel 2.0 CDTI de 170 chevaux qui grogne plus que son concurrent de 160 chevaux sous le capot de la Renault Talisman. Cette dernière en revanche trahit des sifflements aérodynamiques au-delà de 100 km/h qui n’ont pas droit de cité dans l’Opel. La seconde génération de l’Insignia se conforme à l’usage établi par la troisième génération du monospace Zafira Tourer — que tout le monde continue d’appeler Zafira, « tout court ». Outre qu’il sert à marquer le saut générationnel, ce nom à rallonge vise à façonner une identité distincte à la berline et au break Sports Tourer. Lequel devrait se décliner en variante tous-chemins Country Tourer d’ici la fin 2017. Et puis n’oublions pas que l’Insignia Grand Sport se veut l’héritière de grandes Opel que la modestie n’étouffait pas, du point de vue patronymique : Kapitän, Admiral, Diplomat, Commodore et Senator sont des appellations très connotées, plus difficiles à assumer de nos jours qu’un « Grand Sport » somme toute anodin. Tout juste quelques érudits se souviendront qu’il fut longtemps en usage chez Buick, de l’autre côté de l’Atlantique.
mercredi 5 avril 2017
Londres après les JO
Au cours de notre enquête à Londres nous avons identifié deux collectifs de militants explicitement opposés aux JO et dont l’action s’inscrit dans un souci d’organisation collective et de longévité. Le premier est composé de huit personnes (intellectuels, journalistes, éditeurs, webmasters indépendants) résidant à Hackney et disposant de temps. En 2006, ceux-ci fondent un site Internet, le Games Monitor. Leur objectif est de s’établir en tant que groupe de veille (watchdog) et lanceurs d’alerte en proposant une base de données pérenne pour les londoniens ainsi que pour tous ceux qui, à l’avenir, seront concernés de près ou de loin par les Jeux Olympiques. Ces acteurs disposent de compétences complémentaires qui leur permettent de constituer un important corpus d’informations et de susciter débats et réflexion. La plupart se sont mobilisés autour du projet Games Monitor en raison de l’impact des JO sur leur propre vie et de leur implication dans l’un des divers groupes de défense évoqués ci-dessus. Par exemple, dans le cadre de ses activités au sein du Hackney Marshes User Group, le fondateur fait la connaissance d’une web éditrice qui lui propose de créer le site gratuitement. Un autre a joué un rôle essentiel en tant que locataire de la Clays Lane Housing Estate en devenant le porteparole des résidents auprès de la LDA. 32 Le deuxième collectif se compose d’individus sensiblement plus jeunes mais possédant paradoxalement davantage de « capital militant », un concept qui selon Matonti et Poupeau renvoie à «un ensemble de savoirs et savoir-faire mobilisables lors des actions collectives mais aussi exportables et convertibles dans d’autres univers»38. Le capital militant des acteurs du Counter Olympics Network (CON)39 a été acquis dans le cadre d’actions altermondialistes, écologistes, féministes et de défense des droits de l’homme. Leur approche s’inscrit dans la tradition anarchiste et libertaire et la plupart ont été impliqués dans les actions contre le sommet du G20 de 2009 à Londres. Comparé au groupe constitué autour du Games Monitor, ceux-ci font une utilisation différente de l’outil internet, lequel leur sert essentiellement de moyen de communication intra-organisationnel, leur objectif étant moins d’informer le public que de lutter contre ce qu’ils perçoivent comme un projet autoritaire et répressif. En 2005, ils commencent tout d’abord par constituer un groupe de discussion électronique « No to 2012 » administré par le serveur « riseup.net », très fréquemment utilisé par les militants altermondialistes britanniques. Quelques réunions ont lieu mais l’annonce de la désignation de Londres a un effet démobilisateur si bien que les échanges électroniques entrent en mode de somnolence avec seulement quelques sursauts en 2007/2008. A l’automne 2010, la liste est réactivée, le but principal étant de mobiliser les acteurs stratégiques dans des points de rencontre londoniens à l’approche de l’été 2012. Le « Counter Olympics Network » voit alors le jour. Le groupe se réunit régulièrement depuis septembre 2010, le deuxième mardi de chaque mois et rassemble en moyenne de 15 à 20 participants. Les réunions se tiennent à chaque fois dans un quartier différent et dans des lieux publics : un café végétarien à Waltham Forest, un pub à Greenwich ou dans des centres de contre-culture autonomes et autogérés (les « social centres ») tels que le London Action Resource Centre (LARC) à Tower Hamlets ou le Off Market à Hackney40. Les coordinateurs se montrent étonnés du nombre important de résidents locaux venus à la réunion de Greenwich lesquels ont été motivés par le projet de construction d’une nouveau poste de police dédié aux opérations de surveillance des Jeux. Par ailleurs, ils constatent que le mouvement prend progressivement forme puisque certains militants sont présents d’une réunion à l’autre ce qui permet de tisser des liens entre les quartiers. A lire sur Séminaire Londres.
lundi 13 mars 2017
Big n pour nouveauté
L'attente fut interminable, mais elle touche enfin à sa fin. Après des mois de secret savamment entretenu, les fanboys vont enfin pouvoir se faire une idée plus détaillée de cette fameuse Switch ! En ce qui me concerne, je vais attendre Noël prochain, mais je crois d'emblée pouvoir dire qu'elle va faire un carton. Parce que son concept est à la fois simple et riche. On est bien loin de la Wii U dont beaucoup n'ont jamais compris le concept. La Switch est console hybride, avec laquelle on peut jouer sur l'écran du salon comme dans son lit. C'est tout simplement fantastique ! C'est d'une simplicité enfantine, mais bizarrement, personne ne l'avait encore jamais fait avant. Et à une ère où la mobilité est le maître mot, c'est clairement un concept malin. Reste à connaître ce qu'elle donne une fois entre les mains, mais je ne m'inquiète pas trop de ce côté-là : Nintendo a toujours proposé du hardware de qualité. Le passage de la télé au petit écran semble se faire en une seconde, et la modularité de tous les accessoires a l'air parfaite. Et puis, les premiers retours sont très positifs. En tant que console de salon, la Switch n'est certes pas à la hauteur de la concurrence. Mais c'est sans importance, car elle ne joue en fait pas dans la même cour. Et en tant que console portable, c'est tout simplement la console la plus puissante du marché. Pour autant, elle n'est pas exempte de défauts non plus. Le manque de stabilité de la console en mode tablette constitue à mon sens un sérieux problème. Et la question des éditeurs tiers n'est pas sans importance, non plus. Je sais bien que le constructeur n'a jamais lancé de console pour avoir les mêmes jeux que ses rivaux, mais il faudrait voir à ne pas pousser non plus ! Mais le fait de passer du mode TV au mode portable juste en posant ou en retirant la console de son dock, c'est juste magique ! Bref, j'aurais tendance à dire que l'affaire est bien engagée ! On peut augurer d'un succès sans précédent à cette console à nulle autre pareille !
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